Les mœurs et les coutumes des Vietnamiens

Le Vietnam peut s’enorgueillir de 4.000 ans d’histoire. En effet, la culture vietnamienne a vu le jour près de mille ans avant Jésus Christ, à l’âge du bronze, avec la civilisation dongsonienne, connue plus couramment sous le nom de « culture de Dông Son « . La culture vietnamienne est une des plus vieilles d’Asie. Au carrefour des civilisations, elle a été largement influencée par la civilisation chinoise mais aussi, dans une moindre mesure, par l’Inde, le Champa et aussi la France.

Petit tour d’horizon de cette richesse culturelle extraordinaire et aperçu des traditions qui sont profondément ancrées:

Le mariage des Vietnamiens

 

Mariage des souris- Peintures folkloriques du Dong Ho.

 

Le mariage est très important chez les Vietnamiens mais pas seulement pour les deux amoureux, mais aussi pour la famille. Dès lors, la célébration du mariage (tout comme celle des fiançailles) suit un rituel particulier. La date du mariage est décidée par les deux familles et traditionnellement en fonction de l’âge des futurs mariés.

Traditionnnellement

Le jour du mariage, la famille du marié et ce dernier vont chez la famille de la mariée et apportent des cadeaux emballés dans du papier rouge (censé porter bonheur) mis sur des plateaux portés par différentes personnes choisies avec soin (souvent des couples mariés, encore pour porter chance). Toutes les femmes portant ces cadeaux sont habillée enao dai, la longue robe traditionnelle. Certains hommes peuvent aussi porter un ao dai, mais en général ils portent un costume-cravate. Ces dons sont encore les mêmes que ceux de la cérémonie des fiançailles: feuilles de bétel et de noix d’arec, du vins, des fruits, des gâteaux, du thé.

La famille du fiancé s’arrête devant la maison de la fiancée et le couple doit entrer dans la maison en premier en portant un plateau avec des tasses remplies de vin. Le couple invite alors les parents à en prendre une gorgée. En acceptant de boire, les parents de la mariée accepte de faire rentrer la famille du garçon chez eux. Simultanément, les feux d’artifice sont tirés pour souhaiter leur souhaiter la bienvenue.

La famille du garçon se présente et demande la permission à l’autre famille d’épouser leur fille. Traditionnellement, la mariée est habillée en ao dai rouge.

La cérémonie de mariage commence devant l’autel des ancêtres. Le couple s’agenouille et prie, demandant à leurs ancêtres la permission et leur bénédiction. Le couple fait ensuite demi-tour et s’inclinent devant leurs parents pour leur remercier de les avoir élever et protéger jusqu’à aujourd’hui. Le maître de cérémonie leur donne ensuite de nombreux conseils sur « comment entretenir une famille heureuse ». Les parents des mariés se tournent ensuite vers eux pour leur partager leur expérience, leur vécu et leur donner à leur tour leur bénédiction. Le marié et la mariée s’échangent alors les alliances. Les parents s’échangent ensuite des cadeaux plus précieux tels que des bracelets, des boucles d’oreilles, des collier. La cérémonie prend alors fin sous les applaudissements.

De nos jours…

De nos jours, beaucoup de mariages se font dans les temples ou les églises à l’Occidental. Toutefois, les Vietnamiens continuent à maintenir la cérémonie vietnamienne traditionnelle dans la maison de la mariée (comme expliqué en haut) avant d’aller au temple.

Un banquet nuptial est organisé dans la soirée dans un restaurant ou dans une grande salle. C’est toujours une fête gigantesque avec tous la famille, les amis, les voisins, …avec éventuellement un groupe de musique payé pour agrémenter cette belle soirée.

Pendant la réception, les époux et leur famille s’arrête à toutes les tables pour remercier les invités. Les invités leur donne en retour des enveloppes contenant une carte de voeux et de l’argent(l’argent est le cadeau de mariage) pour le nouveau couple. Dans certains mariages, les réceptions sont suivies d’une soirée dansante ouverte par les nouveaux époux.

L’enterrement chez les Vietnamiens

Au Viêt Nam, lorsque survient le décès d’un individu, les vivants doivent prendre soin de son entretien physique et spirituel. La famille doit alors veiller à la bonne orientation des différentes âmes individuelles et tous les rites d’accompagnement sont décisifs pour le bon repos du défunt comme pour l’avenir des vivants.

Autrefois, les dispositions rituelles donnaient lieu à des pratiques beaucoup plus complexes qu’aujourd’hui. Les changements sociaux, comme ailleurs, ont influencé les pratiques cultuelles et culturelles en générant d’autres manières de faire qui restent néanmoins riches et diverses.

Lorsque la mort est constatée que les premiers soins commencent. L’épouse (ou le fils aîné) veille à l’entretien du cadavre : des nuits de veille sont organisées, la toilette et l’habillement du mort sont effectués. Très vite, un portrait photo du défunt est mis près du corps, sur une table où un bol de riz, des bâtonnets d’encens et des fleurs sont déposés.

Le jour de l’inhumation, le fils aîné, après un salut, informe par des prières ses ancêtres de la prochaine arrivée de leur fils. Devant la porte de la famille endeuillée, un chariot fleuri, agrémenté de bannière noires et blanches, signifie au voisinage la prochaine cérémonie et donne à voir les diverses gerbes offertes. La famille, les amis, les voisins proches arrivent lentement pour se réunir auprès du cercueil. Celui-ci, dressé dans la maison familiale, sous un dais de coton blanc est posé sur un lit. Des bâtonnets d’encens, des bougies ainsi qu’un bol de riz cuit (ou du sel) avec un œuf bouilli sont placés sur le couvercle. Tout le quartier vient voir et, dans la cour, les musiciens se préparent à accompagner le cortège de leurs gammes aiguës.

Un discours solennel est prononcé par le frère aîné du défunt. L’adieu à la maison familiale est fait, le cercueil est amené jusqu’au chariot mortuaire. Le cortège se met en place.

 Une jeune fille, l’aînée des petites filles du mort, porte le portrait du défunt et se positionne en tête du cortège funèbre. A l’avant, les musiciens se mettent aussi en place. A leur suite, vient le géomancien qui guidera tout au long de la marche les porteurs du cercueil. Le bol de riz et l’œuf devront rester à l’horizontale durant tout le voyage, sans cela le géomancien et les porteurs ne seront pas rétribués pour leur peine. Les deux fils cadets du mort ont pris place derrière le cercueil. Enfin, viennent les parents proches, les amis et les voisins de la famille.

Durant la procession, les proches de la famille jettent des rectangles rouges et blancs, quan tai « cercueil », destinés à occuper les mauvais esprits qui, piégés par leur gourmandise, s’attarderont à déguster ces friandises qui ne contiennent que du vide. Tout le monde fait bien attention à ne pas les écraser et l’on peut deviner leur présence par terre en regardant les mouvements d’écarts que font les individus suivant le cercueil. Une jeune femme qui ne porte aucun signe de deuil passe dans le cortège distribuant cigarettes et thé.

 Après avoir parcouru une partie du chemin menant au « cimetière », le cortège marque une pause lorsqu’il parvient à une intersection de chemins : les Viêtnamiens croient que ces endroits sont fréquentés par des esprits. Durant cette pause, les deux fils cadets ne bougent pas de leur place. Les femmes et les hommes de la famille veillent à ce que de nombreux bâtonnets d’encens restent allumés, de nombreux quan tai sont jetés, des cigarettes, du thé sont offerts. Puis la colonne funèbre repart.

Lorsque la file endeuillée parvient à l’endroit où la bière doit être ensevelie, celle-ci est transportée près de la fosse. Les porteurs s’évertuent à la déposer de façon horizontale mais un faux mouvement fait bouger le cercueil et toute l’assemblée s’émeut. De nombreux bâtonnets sont allumés et les pleurs deviennent plus bruyants et plus aigus. Tout autour de la fosse, les jeunes membres de la famille allument des bâtonnets sur les tombes entourant celle de leur membre défunt afin que les anciens locataires soient bienveillants avec le mort. Les fils cadets sont près de la fosse, accompagnés par la femme du défunt. Le portrait n’est plus tenu par la jeune fille, un jeune homme l’a remplacé et se poste à hauteur de la tête du cercueil : il ne bougera pas de cet endroit jusqu’au départ de la famille.

Lorsque le cercueil est en place, chaque membre de la famille jette une poignée de terre sur le cercueil et l’ensevelissement commence. Des femmes de la famille allument des bâtonnets d’encens sur toutes les tombes à proximité de celle du mort. Lorsque le cercueil n’est plus visible et qu’un monticule a été formé, les couronnes offertes sont disposées sur le tertre et le portrait photo est déposé au pied du cercueil. Des papiers votifs sont brûlés tout autour du tombeau que la famille entoure ; le frère du défunt remercie l’assistance. Les amis et voisins se retirent et seule la famille reste autour du tombeau. Ils saluent par trois fois le cercueil et souhaitent un bon repos au mort puis, dans un concert de sanglots, la famille fait ses ultimes adieux en faisant le tour du tombeau, de droite à gauche ; les deux fils restent face au cercueil enseveli et partent les derniers. Le jeune homme reprend le portrait photo pour aller le déposer sur l’autel domestique de la maison familiale.

 Le retour à la maison se fait sans aucun ordre précis mais personne ne reprendra le chemin emprunté lors du départ. Un rafraîchissement est offert (Tra no miêng : « en remboursement des dettes de la bouche ») à tous les invités alors que la femme et un des fils cadets se rendent auprès de l’autel domestique afin de confirmer la venue du défunt dans l’autre monde et lui souhaiter la bienvenue sur son nouveau support. Cet enterrement temporaire sera suivi d’un enterrement définitif. Lorsque le géomancien aura décidé d’une date propice, les restes seront déterrés et un autre enterrement aura lieu. Lors de ce nouvel et dernier ensevelissement, une tombe de pierre recouvrira les restes mortuaires. Cette cérémonie se célèbrera avec moins de faste que la première et confirmera le statut du mort comme ancêtre familial.

 Les dispositions relatives à l’inhumation des défunts tendent à se modifier parallèlement aux changements sociaux survenant dans le pays. Pour les Viêtnamiens vivant en France, ces pratiques ont du être simplifiées mais elles restent tout de même un point névralgique dans la vie familiale et individuelle de l’ensemble des Viêtnamiens.

 

Les chiques

 

Selon la légende, la chique de bétel viendrait de l’époque des Hung Vuong. Une chique de bétel se compose de quatre matières soient la noix d’arec pour le goût sucré, la feuille de bétel pour le goût piquant, l’écorce de racine chay pour le goût amer et la chaux pour le goût ocre.

Les livres racontent que la chique de bétel rafraîchit l’haleine, calme la mauvaise humeur, aide à digérer la nourriture et est l’emblème du bonheur; la personne qui en mâche serait plus amicale et plus joyeuse pendant les fêtes comme celle du Têt. Cette chique aiderait aussi à se réchauffer pendant les jours de deuil et de froid. Elle fait partie des plateaux pour le culte des ancêtres.

Les fêtes

Pour les vietnamiens, les fêtes traditionnelles sont aussi une coutume importante, un aspect culturel indispensable. Elles constituent un immense trésor historique, manifestant les us et coutumes et la culture folklorique. Il y a des centaines de fêtes annuelles, chacune ayant sa propre caractéristique : fête des gongs, combat de buffles, concours d’éléphants, fête des airs populaires quan ho, lutte, fêtes à la mémoire des héros nationaux. En outre, il y a des jours fériés communs à tout le pays.

Tet Nguyen Dan: le Nouvel An lunaire, est le moment des réunions de famille, d’offrande d’encens et de mets sur l’autel des ancêtres. Les gens rendent visite à leurs proches et amis, se souhaitant bonne santé et bonheur. Le Têt est aussi l’occasion de goûter des mets traditionnels en particulier le banh chung qui ne peut être absent lors de cette fête.

Têt Trung Nguyen : Le 15è jour de la 7è lune est la fête des âmes errantes. On relâche des oiseaux dans le ciel, des poissons dans la rivière en signe de bienfaisance et on fait des offrandes de nourriture et des cadeaux pour la paix des âmes errantes des morts oubliés.

Têt Trung Thu : Le 15è jour de la 8è lune est la fête de le mi-automne, la fête de l’enfant. Cette fête se célèbre avec beaucoup de jeux et de gâteaux à l’intention des enfants et de leur famille pour regarder la lune.

Tet Han Thuc : Cette fête est d’origine de la Chine : Il s’agit d’un mandarin qui s’appelle Gioi Tu – Thôi. Il avait sauvé le Roi du temps Xuan Thu en Chine mais après avoir couronné du succès, le Roi a oublié son grand mérite. Ce mandarin est retourné à son pays natal et vit avec sa mère dans une petite forêt. Après un certain temps, le Roi a rappelé son grand mérite et demandé au mandarinat retourner mais il refusait. Le Roi a ordonnée  à bruler la forêt afin de faire sortir le mandarin mais il e laissa mourir plutôt que de revenir demander une charge. Depuis, à cette fête, on évite de manger des plats chauds, de peur que le feu n’éveille la douleur de ses âmes meurtries. On mange des « Banh Chày » et « Banh Trôi », sorte de galettes de riz gluant sucré.

Commémoration des rois Hung, fondateurs du pays Viet : La commémoration des rois Hung, fondateurs du pays Viet, a lieu au 10 du 3è mois lunaire, à Viet Tri, province de Phu Tho, à 100km de Hanoi. Les rois mythiques Hung ont été les ancêtres de la nation, régnant sur le Van Lang, premier et antique nom du Vietnam. Festivités et rites constituent le grand programme avec des concours de sports (tir à l’arbalète, lutte traditionnelle …), des présentations de chants et danses du folklore national et un défilé de «Ao Dài», cette robe si seyante aux jeunes filles du pays.

Tet Doan Ngo : La Fête Doan-Ngo (Double-Cinq) est célébrée le 5 ème jour du 5 ème mois, c’est-à-dire le 2 ème mois de l’été, au moment où le principe positif du Yang, apparu depuis le solstice d’hiver pour prédominer à partir de l’Equinoxe de Printemps, parvient à son apogée. A partir du solstice d’été, le Yang va décliner à son tour pour laisser place au principe négatif du Froid et des Ténèbres, le Yin, qui va prendre son ascension jusqu’au moment où se réalisera l’équilibre des deux principes à l’équinoxe d’Automne.

Au «Double-Cinq», la population a l’habitude de manger beaucoup de fruits et de légumes, et on se colore les ongles avec de la teinture de henné. Les dames portent au cou des amulettes, les enfants des fils multicolores aux poignets, pour effrayer les esprits malins.

Tet Ong Cong Ong Tao (Tet Trung Thap) : Les Vietnamiens ont l’habitude de prendre congé de Ong Cong (le Génie de la terre) et de Ong Tao (le Dieu de la cuisine) le 23e jour du 12e mois lunaire. Ils s’envolent tous les deux vers les Cieux pour aller faire leur rapport à Ngoc Hoang (l’Empereur de Jade) sur la vie du propriétaire de la maison où ils habitent, et demander chance, prospérité et bonheur. La veille du Nouvel An lunaire, ils reviennent tous deux sur terre pour reprendre leurs fonctions, qui consiste à surveiller la cuisine de la maison. Ce culte rendu au Génie de la terre et au Dieu de la cuisine a une valeur humanitaire, qui reflète le bonheur familial. Le feu dans la cuisine ne manifeste pas seulement l’union chaleureuse de la famille, mais aussi une bonne récolte et un développement agricole prospère. Vous trouvez en image les objets préparés à chaque famille à cette fête.

Jours fériés au Vietnam

- 1er janvier : Jour de l’An.
- Fête du Têt : les 3 premiers jours du Nouvel An vietnamien sont fériés.
- 10 mars: anniversaire de la mort des rois Hung.
- 30 avril : anniversaire de la prise de Saigon, le 30 avril 1975.
- 1er mai : fête internationale du Travail.
- 2 septembre : fête nationale commémorant la proclamation de l’indépendance du Vietnam, par l’oncle Hô, en 1945.

 

Fêtes locales

La fête donne aux hommes l’occasion d’un retour aux sources, naturelles ou nationales, qui ont, dans l’esprit de chacun, un sens sacré. La fête est l’expression de l’unité et de la force de la communauté locale, voire nationale. Ses membres ont un même génie à honorer et un même besoin de solidarité pour surmonter les difficultés de l’existence et la rendre plus heureuse et plus facile. Chaque région a des fêtes particulières. Voici les plus typiques :

Fête de combat des buffles

 

 

Le combat de buffles est une fête traditionnelle du bourg de Dô Son, qui a lieu le 9 août du calendrier lunaire de chaque année. Elle rend hommage au génie des Eaux Diêm Tuoc qui aurait sauvé, selon une légende, la population locale d’une calamité naturelle. Au fil des temps, le combat de buffles est devenu une particularité culturelle de la ville balnéaire de Hai Phong.

Avant la finale, les éliminatoires ont eu lieu en juillet, opposant 32 buffles en 16 combats enflammés. À l’issue de cette phase, 16 d’entre eux ont été sélectionnés pour la finale. Souvent la finale attire des milliers de personnes venues de diverses provinces et villes du pays et même de l’étranger. Concernant les buffles combattants, ils étaient souvent originaires de diverses régions du pays, notamment de la province de Nghê An (Centre). Au dire d’experts, les buffles de Nghê An ont souvent de grandes cornes, qui sont une arme très efficace en combat.

Selon la tradition, les buffles vainqueurs ou vaincus sont tous abattus après la fête. Leur viande sera partagée et vendue très cher, car la coutume veut que manger de la viande de buffle ayant combattu porte chance.

 

Fête de la pagode des parfums

 

Des milliers de pèlerins sont partis pour la pagode des Parfums sise dans la commune de Huong Son, district de My Duc, province de Hà Tây (Nord), pour prendre part aux festivités qui ont officiellement débuté le 12 février, soit le 6 janvier du calendrier lunaire.

Il s’agit de la fête la plus longue au Nord du pays. En effet, pendant les 3 mois du printemps, les pèlerins s’y ruent en quête du bonheur, de la prospérité, de la santé… Pour cette nouvelle année, leur nombre augmente fortement par rapport aux précédentes années. Dès le 1er jour de l’An lunaire, plusieurs d’entre eux étaient déjà présents en ce lieu cultuel malgré un froid de loup qui sévit depuis plus d’un mois.

Fête de Lim

 

La fête de Lim est une des plus importantes manifestations de Bac Ninh. Depuis le 6 février, soit un jour avant l’ouverture officielle de cet événement, les routes qui aboutissent à la colline de Lim sont remplies de monde.

Cette fête s’est inaugurée par une procession de quelque 2.000 personnes vers la pagode de Hông Ân sur la colline de Lim pour rendre hommage au général Nguyên Dinh Diên qui a institué cette fête. Après les cérémonies solennelles, la fête a immédiatement battu son plein grâce aux représentations des 32 meilleurs couples sélectionnés lors d’un concours préalablement organisé le 4e jour du premier mois lunaire. D’autre part, les groupes de quan ho masculins et féminins, en habits traditionnels, se sont réunis pour échanger leurs chants dans 4 maisons décorées de motifs antiques construites autour de la colline de Lim. Des chants sont également interprétés dans les maisons propres à plusieurs artistes.

Toutes ces représentations suscitent un immense intérêt chez les visiteurs qui n’oublient cependant ni de participer ni d’assister aux jeux populaires tels que combats de coq, lutte traditionnelle, échecs chinois avec pièces en personnes en chair et en os.

La province de Bac Ninh s’est efforcée en particulier cette année pour s’assurer du succès et de la sécurité de cette fête en investissant dans le réseau d’éclairage public et l’installation d’un grand nombre de poubelles. La police provinciale était mobilisée afin d’éviter les embouteillages sur les voies d’accès aboutissant à la colline de Lim. En outre, des parkings et magasins de souvenirs… ont été organisés rationnellement.

La fête s’est terminée  avec la chanson d’adieu qui n’est rien d’autre qu’un souhait de se retrouver l’année suivante.

À l’heure actuelle, le Vietnam prépare le dossier de nomination du quan ho comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité par l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO).

Le Cau mua de l’ethnie San Chi

 

Le Câu mùa est une cérémonie typique de l »ethnie San Chi, destinée à apporter prospérité au village et bonnes récoltes à ses habitants. À côté des activités cultuelles, ce rendez-vous annuel est aussi un bon moyen pour les montagnards de se rencontrer, de s’amuser et de faire ripaille.

Toutes les ethnies vietnamiennes ont des cérémonies spéciales destinées à s’attirer les bonnes grâces du Ciel et des forces occultes qui gouvernent leur destinée, notamment leurs activités champêtres. Par exemple, le Xuông dông (aller aux champs) des Tày, le Mùng mùa (célébrer les récoltes) des Mnông et le Câu mùa (prières pour de bonnes saisons et récoltes) des San Chi.

Les San Chi, appelés aussi Cao Lan ou San Chay, sont implantés pour la plupart dans les provinces septentrionales : Tuyên Quang, Bac Can, Thai Nguyên et Bac Giang. On les trouve aussi plus dispersés dans d »autres provinces du Nord : Quang Ninh, Yên Bai, Lang Son et Phu Tho. Cette ethnie pratique essentiellement le culte des ancêtres, teinté de bouddhisme, taoïsme et confucianisme.

Pour fixer la date du Câu mùa, on tient compte du calendrier lunaire. Deux dates propices : le 12e jour du 12e mois ou le 2e jour du 2e mois lunaire.
Bienvenue alors à Dông Tâm, un village du district de Phu Luong, dans la province de Thai Nguyên (Nord), pour assister à cette cérémonie haute en couleurs, qui voit tous les montagnards des environs descendre de leurs collines pour faire la fête et rendre hommage aux divinités protectrices. Quelques jours avant les festivités, l »effervescence est palpable partout dans le village. Notamment dans les chaumières où les femmes, jeunes et moins jeunes, préparent les plateaux d »offrandes, cuisent le riz gluant, la volaille ou les gâteaux. Enfants et adolescents, quant à eux, se préparent activement aux jeux populaires en confectionnant des boules d »étoffe.

Enfin, c’est le grand jour. Dès l’aube, après trois coups de tambour, tout le monde, jeunes et vieux, se ruent vers la maison communale et le templedédié aux génies tutélaires. Les gens y apportent toutes sortes d »offrandes : riz gluant, alcools, poulets, fruits…On prépare huit plateaux, déposés dans la maison communale et au temple. La cérémonie principale, religieuse, débute. Les maîtres du culte sont trois vieillards, garant de la pureté du rite et estimés par tous les villageois. Ils présentent les offrandes au Dieu du foyer et à la Déesse de la maison communale. Des coups de tambours résonnent. Les vieillards prient pour la paix dans le village, la prospérité et le bonheur des habitants, de bonnes récoles et du bon temps au cours des quatre saisons. Parallèlement à cette cérémonie du Câu mùa, se déroule aussi dans la maison communale le Trân an (rite d »apaisement). L »objectif n »étant pas là de s »attirer les bonnes grâces des génies, mais au contraire d »éviter leur courroux ! Douze chamans y prennent part.

Place à la fête !

Les activités cultuelles terminées, place aux réjouissances populaires! D’abord, les danses tac xinh, indispensables et typiques de l »ethnie San Chi. Huit musiciens, joueurs de tambours, cymbales ou flûtes, font danser seize hommes et femmes, dont la gestuelle est inspirée des travaux champêtres : cultures, semailles, débroussaillage…

La fête bat son plein au centre du village. Les jeunes gens, garçons et filles en goguette, s »amusent à toutes sortes de jeux populaires : toupie, acrobaties, lancements de boules d »étoffe, échecs, lutte, tir à l »arbalète, à la corde, danse de la licorne. Ils chantent et dansent aussi, ambiance très favorable aux rencontres galantes…

Le Câu mùa n’est pas seulement une tradition de l »ethnie San Chi. C’est aussi un patrimoine national, précieux, inscrit d »ailleurs sur la liste des dix cérémonies traditionnelles du pays à préserver à tout prix.

 La fête de Giong

La fête de Gióng se tient le 9e jour du 4e mois lunaire (vers mai) en banlieue de Hanoi. C’est la 2e grande fête populaire du Vietnam, après celle des rois Hùng à Phú Tho. Le témoignage vivant du patriotisme et de la reconnaissance éternelle envers les ancêtres d’un peuple héroïque.

Le nom de Phù Ðông Thiên Vuong (prince céleste du village de Phù Ðông) ou de Thánh Gióng (saint Gióng) est connu de tous les Vietnamiens, petits et grands. Il est lié à une légende vieille de mille ans, vantant les exploits d’un enfant soldat né dans le village de Phù Ðông, district de Gia Lâm, en banlieue de Hanoi. Phù Ðông abrite depuis des lustres un ensemble de sites dédiés au saint Gióng, dont le Temple supérieur (dédié au culte du saint), construit au 11e siècle, le Temple-mère (dédié à sa mère) et le champ de bataille de Dông Dam, lieu où se tient la fête. Chaque année en effet, cette légende est reconstituée en grande pompe. Les préparatifs débutent des mois à l’avance.

 

Rites & Cultes

La vie spirituelle des vietnamiens, hier comme aujourd’hui, est façonnée par l’influence croisée de plusieurs croyances et religions : culte des ancêtres, bouddhisme, confucianisme, taoïste, christianisme, islam.

Le culte des ancêtres

La croyance la plus importante des Vietnamiens est le culte des ancêtres qui est célébré de façon solennelle et respectueuse. Ce culte est unanimement respecté lors de la fête du Têt (Nouvel An lunaire). Les habitants prient avec reconnaissance les héros qui ont rendu service au peuple, au pays, à de ceux qui ont inventé des métiers, et plus généralement envers le Ciel, la Terre, la Nature.

Le culte des ancêtres est la plus vieille pratique religieuse du Viêt-nam, antérieure au bouddhisme et au confucianisme. L’idée fondamentale de la coutume est: « Quand on boit de l’eau, on pense à la source ». Nul besoin de sortir de chez soi ou de se rendre à la pagode pour y prier ses ascendants. L’autel des ancêtres, fait d’un meuble finement décoré ou d’une modeste table de bois blanc, occupe une place particulièrement importante dans la maison vietnamienne. Sur l’autel sont disposés les noms et les photos des défunts accompagnées de fruits, de fleurs et de bâtonnets d’encens. Détail significatif: les photos des autels sont dans la plupart des cas des portraits saisis dans leur jeunesse, apportant d’eux une image bien vivante, non ternie par les années

Trait d’union entre les générations, protection de la lignée, demande de réussite dans les affaires ou à un examen, guérison d’un malade, mariage, l’autel des ancêtres est le cœur du foyer.

Les générations ultérieures sont reconnaissantes envers les générations précédentes. La perpétuation du culte par les enfants, traditionnellement entretenu par les garçons ou, en cas de descendance uniquement féminine, par les femmes, est primordiale car sans continuité du culte les âmes des morts sont condamnées à une errance éternelle.

A la fin de l’année, les maisonnées font la visite des tombes, les réparent Si besoin est, et invitent les âmes de leurs défunts à revenir partager le Printemps. Par ailleurs, lorsque vient le jour où une personne est décédée, sa famille prépare des repas, allume la lampe et brûle des baguettes d’encens pour lui faire des offrandes et célébrer l’anniversaire de sa mort.

Le troisième jour du troisième mois lunaire, au moment où herbes et plantes retrouvent leur verdure, le temps est doux, les gens vont visiter les tombes de leurs morts et se régaler des beaux paysages du printemps. C’est la fête des morts (Thanh Minh).

En outre, chaque ethnie de la communauté vietnamienne, chaque localité a sa propre coutume du culte.

Les grandes religions

Certes, le Vietnam est majoritairement bouddhiste (et taoïste et confucianiste) compte tenu de l’influence chinoise qui y a régné pendant plusieurs siècles. Toutefois, le peuple vietnamien se compose de plusieurs ethnies, ce qui implique une diversité de croyances et de rites religieux.

Le bouddhisme

Le bouddhisme est apparu au Vietnam, au IIè siècle, après le confucianisme et le taoïsme. Il a atteint son apogée et fut considéré comme l’idéologie officielle au temps des Ly (XIè siècle). Le bouddhisme s’est largement répandu parmi la population et a exercé une profonde influence sur la vie sociale, laissant de nombreuses empreintes dans les domaines culturel et architectural. Beaucoup de pagodes et de tours ont été construites pendant cette période.

A la fin du XIVè siècle, le bouddhisme s’est, dans une certaine mesure, estompé mais ses pensées exercent encore une influence durable sur la vie sociale et les activités quotidiennes. A présent, les pratiquants du bouddhisme et ceux qui en subissent l’influence représentent environ 70% de la population.

Le catholicisme

En vietnamien, Thien Chua Giao (La religion du Maitre du Ciel), KiTo Giao ou Cong Giao. Les catholiques sont concentrés actuellement à Bui Chu- Phat Diem (province de Ninh Binh) et Ho Nai- Bien Hoa (province de Ðong Nai). Ils représentent quelque 10% de la population.

Le taoïsme

La majorité de la population vietnamienne considère le taoïsme comme une religion aux divinités innombrables et aux origines variées : dieux de la mythologie chinoise, esprits, hommes, animaux divinisés. Ce polythéisme confus laisse une place à la sorcellerie et à la magie issues du culte animiste, socle des croyances religieuses du Vietnam. La plus grande divinité du panthéon taoïste est l’Empereur de Jade qui règne sur les immortels.

Les festivités religieuses expriment un grand esprit communautaire chez les minorités. A titre d’exemple, la Cérémonie de l’abandon de la tombe (bo ma), principalement perpétrée par les Rai, Ba Na et E De, est un ancien rite funéraire consistant à rompre le lien entre les vivants et le défunt, quelques années après sa mort.

D’autres rites tiennent davantage de la superstition comme la Cérémonie du culte de la Terre du village (cung dat lang). Il s’agit, cette fois, de demander, en amont de la récolte, la prospérité et des conditions favorables pour le travail aux esprits, également appelés Génies. Disons, qu’en règle générale, les Vietnamiens continuent de faire appel à la géomancie pour les événements importants.

Par ailleurs, le pays a conservé une tradition chrétienne assez conséquente depuis le départ des colons français – il y a déjà plus d’un demi-siècle maintenant – et ce malgré la répression communiste. Le Vietnam est, en effet, le second pays chrétien en Asie du Sud-est, après les Philippines.

Quoi qu’il en soit, les Vietnamiens respectent les lieux de culte quels qu’ils soient : pagodes, temples, églises, etc.
Ils se déchaussent, parlent à voix basse, ne touchent pas aux objets d’ornements et adoptent une tenue correcte.

Le protestantisme

Il fut introduit au Vietnam en même temps que le catholicisme, mais s’est peu répandu. Les protestants vivent pour l’essentiel au Tay Nguyen (Hauts-Plateaux du Centre). A Hanoi, il y a une église protestante dans la rue Hang Da. Le pays compte actuellement environ 400 000 pratiquants de cette réligion.

L’islam

Les islamistes sont principalement des Cham vivant au centre du Trung Bo. Ils sont au nombre de 50 000 personnes.

Le caodaïsme

Le caodaïsme (cao dai en vietnamien) est une autre grande religion du Vietnam. Il s’agit d’une croyance locale – née dans le Sud du pays dans les années 1920 – et fondée sur différentes philosophies occidentales et orientales, dont certaines sont empruntées au spiritisme. Le temple de Tây Ninh est le principal symbole du caodaïsme au Vietnam.

La secte bouddhiste de Hoa Hao

Il a fait son apparition en 1939. Elle compte plus d’un million d’adeptes, principalement à l’ouest du Nam Bo.

 

Maman, je voudrais avoir un mari !»

 

Lê Quy Dôn (1726-1784) est le plus grand esprit encyclopédique de l’ancien Vietnam. Huu Ngoc présente dans ce numéro l’une de ses œuvres célèbres Me oi con muôn lây chông (Maman, je voudrais avoir un mari).

Parmi les œuvres célèbres de Lê Quy Dôn, figurent Vân Dài loai ngu (Textes divers écrits en dépouillant ma bibliothèque), Kiên van tiêu luc (Recueil d’expériences vécues), Dai Viêt thông su (Histoire générale du pays Grand Viêt). Le texte Me oi con muôn lây chông (Maman, je voudrais avoir un mari), par son humour et son accent érotique, devait détonner dans une ambiance sociale fortement confucianisme. On l’attribue pourtant au respectable érudit Lê Quy Dôn.

Un désir effréné

Maman, je te le dis entre nous ; je ne sais pourquoi, le désir, un désir effréné me saisit.
Assurément, prendre mari est le vœu normal de toute jeune fille. Mais le désirer de cette façon et dire à sa mère : Le désir me prend, le désir me brûle.
Comment ça te démange déjà, toi à peine pubère ?
En ces termes, elle s’en est ouverte à sa maman :
Depuis toujours, l’union du principe femelle et du principe mâle régit l’univers, fonder un foyer est le lot commun des mortels.
Mettant le pied dans cette vie éphémère, combien de gens gardent-ils leur virginité à vie ?

Que de fois toute seule, je pense à ma destinée.
Maman, peux-tu communier avec mes sentiments les plus intimes ?
À mon âge, je suis encore seule, toujours seule. Si, par malheur, l’occasion je la manque, maman, que deviendrais-je ?
Je pense, le printemps verdoyant passe vite, l’homme est comme une pousse de bambou qui vieillit vite, le mariage doit se faire à temps, unissant un beau couple de phénix, dans l’éclat de bonheur.
J’ai peur que les fils rouges de l’hyménée ne soient point noués et que je flotte comme une barque aux planches déclouées.
Le printemps s’en va sans retour, la barque chavire au milieu des pluies et des éclairs, les abricotiers dépouillés étalent leur tristesse.

 

Toute fille vietnamienne souhaite trouver un bon mari pour bâtir un foyer heureux.


Un compagnon dans la vie

Maman, le sais-tu ; de vouloir me marier, j’en suis tout hébétée ?
Vois-tu ces gens au rouge décoloré et au fard terni, blasés des joies printanières après une vie roulant dans le vent et la poussière ? Moi, avec mon visage fleuri et mes sourcils en feuilles de saule, ma beauté resplendit comme la lune dans toute sa plénitude. À qui la faute si le destin ne me sourit pas, et si le pont des Corbeaux n’a pas livré passage à la Tisserande ?(1) Comme le dragon qui se tourmente de ne pouvoir rejoindre les nuages, le poisson assoiffé d’eau, je n’ai aucune envie de me servir du peigne et du miroir.

Par les nuits claires, je rêve au compagnon qui partagerait avec moi la fraîcheur nocturne ; les cinq vieilles durant, je me tourne et me retourne sous mes édredons. Seule avec mon ombre, je ne sais que me plaindre avec elle. O maman ! Je voudrais faire descendre ici le Ciel, pour lui demander si pour mériter tout cela, j’ai vraiment commis des fautes dans une existence antérieure ?

Vois-tu ces jeunes filles fraîches comme des feuilles de saule fragiles et des fleurs de pêcher à peines écloses, cachant pudiquement leur désir comme la lune dissimulée sous les nuages ? Moi, qui ne cède en rien aux beautés nationales et aux parfums célestes, j’ai dépassé mon seizième printemps.

À qui la faute si le vent printanier n’a pu frayer son chemin, et la guitare de Tuong Nhu n’a pas encore chanté son air du Phénix(2) ? J’attends en vain les papillons et les abeilles messagers d’amour, et je dédaigne le fard et la parure. Que les jours passent vite dans l’attente de l’union des phénix ! La nuit ; je me tourmente sur l’oreiller où on a bordé un couple de colombes. L’automne plein de tristesse me jette dans un trouble infini. O maman ! Je voudrais prendre un fil de soie rouge pour que le Dieu des Hyménées le noue en ma faveur.

 

 La famille, un bonheur à construire.


Joies de l’amour

Regarde encore : au firmament, des oiseaux volent, joignant leurs ailes, sur la terre des plantes s’élancent, leurs branches entrelacées. Tous ces êtres connaissent les joies de l’amour. Moi, saule fragile et éphémère, je suis cloîtrée avec ma chevelure toute verdoyante dans une chambre déserte. Où sont ceux qui courent après les couleurs vermeilles du printemps ? (3) On ne saurait se fier à ces gens qui tissent les fils du malheur. Sais-tu maman ? Quand on a un mari qu’on rentre, qu’on parte, on est choyé, dorloté. Mais personne ne se soucie de la femme seule, qu’elle parte tôt ou rentre tard.

Regarde encore : au village du Nord, on va cherche la mariée, au hameau du Sud, on conduit la jeune fille chez son époux, à l’Est comme à l’Ouest, les gens se réjouissent. Et moi, belle et talentueuse, je dois laisser se ternir mes joues roses dans un noir destin. Où sont donc ceux qui me comprennent et me connaissent, à qui pourrais-je confier mon cœur ? On peut s’asseoir sous une fenêtre sculptée de dragons, coucher au milieu des couvertures et des oreillers bordés de phénix, tout cela n’est rien sans un mari, n’est-ce pas, maman ?

Hélas ! Que la chambre parfumée est glaciale : habits sur habits ne peuvent remplacer le contact des épidermes. À vouloir trop choisir, on vieillit et n’a plus d’issue, la brume trop épaisse se transformera en pluie, et l’on devient comme un corbeau esseulé sous la pâle clarté de la lune. Si le sort m’est favorable, l’abricotier unira ses branches au bambou, le luth harmonisera ses accords avec ceux de la lyre. Je serai sauvée de ces amours près des buissons, des faux pas, je n’aurai pas à traîner la vie d’une lentille ballottée par les flots.

En remontant aux sources, on doit se plaindre seulement de son sort, mais, maman, comprends-tu entièrement le fond de mon cœur ?

                                                                                                               
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(1). Selon la mythologie chinoise, les deux amants Nguu Lang et Chuc Nu étaient condamnés à vivre comme deux étoiles séparés par le fleuve d’Argent (Voie lactée). Ils ne pouvaient se rencontrer qu’une fois l’an, le 7e jour du 7e mois lunaire. Chuc Nu traversait le cours d’eau séleste grâce à un pont jeté par des corbeaux.
(2) Tu Ma Tuong Nhu (poète de la dynastie des Han) a séduit la belle Trac Van Quân grâce à son air musical du Phénix.
(3) Les séducteurs.

 

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